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L'HISTOIRE
DU BOUDDHA D'EMERAUDE |
| Le Bouddha d'Emeraude
a été, en réalité,
sculpté à partir d'une large
pièce de jade vert. Selon une chronique,
en 1434, la foudre frappa soudainement un
chedi de Chieng Rai, ville du Nord de la Thailande,
et fit apparaître une statue de Bouddha
recouverte de stuc. Ce Bouddha fut alors placé
dans le sanctuaire secondaire d'un temple
jusqu'au jour où l'abbé remarqua
que le stuc du nez de Bouddha s'était
écaillé révélant
une trace verte. Il fit briser toute l'enveloppe
de stuc si bien qu'un Bouddha d'Emeraude apparut
(le mot "émeraude"
ici, en thaï, signifie simplement couleur
verte). Dès lors, une foule de gens
vinrent vénérer cette précieuse
statue. A cette époque, la ville de
Chieng Rai était sous l'autorité
du roi de Chieng Mai appelé Roi Samfangkaen.
Ce dernier voulut faire transporter le Bouddha
d'Emeraude dans sa capitale à dos d'
éléphant. Mais chaque fois que
l'éléphant arrivait au croisement
de Chieng Mai et de Lampang, il prenait la
route de Lampang. Par trois fois le roi envoya
son éléphant, la même
chose, par trois fois se reproduisit. |
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| Le roi y vit
la preuve que les esprits qui gardaient
le Bouddha d'Emeraude souhaitaient l'installer
à Lampang. Il y resta donc 32 ans
jusqu'à l'arrivée au pouvoir
du roi Tiloka de Chieng Mai en 1468. Ce
dernier ramena le Bouddha d'Emeraude à
Chieng Mai, et selon une chronique, fit
placer la statue dans la niche Est d'un
large stupa appelé Chedi Luang.
En 1551, le roi de Chieng Mai mourut sans
héritier mâle. Une de ses filles
avait épousé le roi du Laos
et avait eu un fils de lui, le Prince Chaichettha.
A la mort du roi de Chieng Mai, ses ministres
invitèrent ce prince, âgé
alors de 15 ans, à devenir roi, ce
qu'il accepta.
Cependant, à la mort de son père,
le roi Chaichettha voulut retourner dans
son pays natal. Il s'installa en 1550 à
Luang Prabang, capitale du Laos. Il fit
transporter avec lui le Bouddha d'Emeraude
et promit aux ministres de Chieng Mai de
revenir. Mais il ne revint jamais et ne
renvoya pas non plus la statue. Celle-ci
devait rester à Luang Prabang pendant
12 ans.
En 1564, le roi Chaichettha ne put résister
à l'armée birmane du roi Bayinnaung,
et dut déplacer sa capitale à
Vientiane où le Bouddha d'Emeraude
demeura pendant 214 ans.
En 1778, pendant la période de Thonburi,
le roi Râma I qui n'était alors
que général, s'empara de Vientiane
et rapporta le Bouddha d'Emeraude en Thailande.
En 1784, il fit de Bangkok la capitale du
pays et y fit transférer, le 22 mars
1784, le Bouddha d'Emeraude considéré
depuis, comme le protecteur de la Thailande.
Le roi Râma I fit faire deux vêtements
saisonniers pour le Bouddha d'Emeraude,
l'un pour l'été et l'autre
pour la saison des pluies. Le roi Râma
III (1824-1851) en ajouta un troisième
pour l'hiver.
La cérémonie du changement
de costume du Bouddha d'Emeraude a lieu
trois fois par an.
Autrefois, le roi n'aspergeait d'eau lustrale
que les princes et les fonctionnaires assistant
à la cérémonie à
l'intérieur de l'ubosoth, mais aujourd'
hui Sa Majesté asperge également
d'eau lustrale les fidèles qui se
tiennent à l'extérieur. Ce
fait est considéré comme une
nouvelle tradition inaugurée sous
le présent règne.
Le Bouddha d'Emeraude mesure 48,3 cm de
large et 66 cm de haut. Il est dans la position
du Bouddha assis, jambes pliées,
la droite sur la gauche. Les recherches
iconographiques établissent que cette
statue a été sculptée
dans le Nord de la Thailande, un peu
avant le XVème siècle et qu'elle
se rattache à l'art tardif du Nord
(Chiengsaen ou Chieng Mai). Autrement dit,
elle venait d'être sculptée
quand on l'a découverte dans le stupa
de Chieng Rai.
De plus, cette statue qui représente
Bouddha en méditation ressemble à
certains bouddhas qu'on trouve dans la même
position dans le Sud de l'Inde et à
Sri Lanka. L'attitude de méditation
n'a jamais été trés
répandue dans les images thaïes
du Bouddha. On pourrait vraisemblablement
en déduire que le Bouddha d'Emeraude
est plutôt originaire d'un des deux
pays ci-dessus mentionnés.
Dans l'ubosoth qui abrite le
Bouddha d'Emeraude, il y a également
plusieurs autres éléments
intéressants :
1. L'autel qui abrite le Bouddha assis
est en bois recouvert d'or et date du premier
règne. S.A.R. le Prince Naris, un
des plus célèbres architectes
et artistes de la période de Bangkok,
l'admirait beaucoup. Il écrira que
c'est l'autel le plus beau jamais vu à
Bangkok.
A l'origine, cet autel en or reposait sur
un seul piédestal mais le roi Râma
III fit réaliser un socle intermédiaire.
2. Les panneaux de la porte incrustés
de nacre ont été réalisés
sous le premier règne de Bangkok
dans le style de la dernière période
d'Ayuthya.
3. Les deux grandes statues de Bouddha
debout en costume royal sont dédiées
au roi Râma I et au roi Râma II
(1809-1824).
Sous le règne de Râma III,
le peuple désigna le règne
du roi Râma I comme "le premier
règne" et celui du roi Râma
II comme "le règne du milieu".
Le roi Râma III pensait que cette
appellation était de mauvais augure
pour la dynastie car elle suggérait
que son règne serait le dernier.
Il fit réaliser en 1841 deux grandes
statues de Bouddha debout en bronze. Ces
statues, mesurant à peu près
3 m de haut, représentent Bouddha
apaisant les flots. Elles sont recouvertes
d'or et de pierres précieuses.
Celle située au Nord du Bouddha d'Emeraude
fut nommée "Phra Puttha Yodfa
Chulalok" l'autre, au Sud, "Phra
Puttha Lerdla Napalai". Il les dédia
respectivement aux rois Râma I et
Râma II.
Une proclamation fut ensuite adressée
au peuple lui demandant d'appeler les deux
premiers rois par leur nom officiel.
Ces deux bouddhas étaient vénérés
au cours de la cérémonie d'allégeance
des fonctionnaires au souverain. Cette cérémonie
initiée sous le règne du roi
Râma IV (Roi Mongkut, 1851-1868) fut
interrompue après la révolution
de 1932 qui aboutit à l'établissement
de la Monarchie Constitutionnelle.
4. Une autre petite statue du Bouddha
en bronze appelée Phra Samputtha
Panni. Elle fut commandée par le
roi Râma IV en 1830 quand il était
bonze. Ce prince-bonze imagina un nouveau
modèle de statue de Bouddha sans
protubérance crânienne, portant
une robe plissée et assis dans l'attitude
de la méditation. Phra Samputtha
Panni fut placée devant l'autel sur
lequel se tient le Bouddha d'Emeraude.
5. Dix statues en bronze, revêtues
d'un costume royal. Ce sont les bouddhas
apaisant les flots, recouverts d'or, installés
par paires, sur le piédestal de l'autel
du Bouddha d'Emeraude. Elles ont été
réalisées à la demande
des rois successifs de la dynastie Chakri
et sont dédiées aux membres
importants de la famille royale, hommes
et femmes, du premier au troisième
règne.
6. Les peintures murales de l'ubosoth
sur le mur Ouest derrière le Bouddha
d'Emeraude : la cosmologie bouddhique (les
trois mondes : celui du désir, de
la forme et de l'absence de la forme). Sur
le mur Est face au Bouddha : la scène
de l'Illumination de Bouddha peinte sous
le règne du roi Râma I.
A cette époque, il y eut probablement,
sur la partie supérieure des murs
latéraux, une fresque représentant
l'assemblée des créatures
célestes venant vénérer
le Bouddha principal dans l'ubosoth
dans le style caractéristique de
la dernière période d' Ayuthya
et du début de Bangkok. Les murs
entre les fenêtres sont décorés
de scènes de la vie du Bouddha.
Le roi Râma III fit restaurer les
murs latéraux.
Au-dessus des fenêtres, au Nord, aussi
bien qu'au Sud, sont représentées
des scènes de la vie du Bouddha tandis
qu'entre les fenêtres sont décrites
les différentes scènes du
jâtuka (vies antérieures du
Bouddha).
Sur la partie inférieure des murs
du Nord est illustrée la procession
royale et au Sud, la procession fluviale.
Ces peintures se sont conservées
jusqu'à nos jours.
Dans la scène de l'Illumination de
Bouddha, on peut voir Bouddha assis sous
l'arbre "Bodhi" : soit dans l'attitude
de la méditation : les mains (la
droite sur la gauche) reposant sur les jambes
croisées ou pliées, soit dans
la position victorieuse de Mâra :
la main droite (paume en dedans et doigts
pointant vers la terre) repose sur le genou
droit, la gauche reposant sur les jambes
croisées ou pliées.
Au-dessous, la Déesse de la Terre
répand l'eau de ses cheveux et de
chaque côté du Bouddha est
représentée l'armée
de Mâra (mauvais esprits). D'une part,
en position d'attaque, d'autre part, déjà
soumise. Selon les récits de la vie
de Bouddha, avant l'Illumination, Mâra
était venu demander à celui-ci
comment il pouvait atteindre l'Illumination
dans cette vie et faire sortir le peuple
de son ignorance.
Le Bouddha avait répondu que dans
ses vies antérieures, (un bouddhiste
croit en la réincarnation), il avait
accumulé suffisamment de mérites
pour atteindre l'Illumination dans cette
vie (d'ordinaire, et aujourd'hui encore,
quand on a accompli un acte méritoire,
on doit verser de l'eau sur la terre pour
que la Déesse de la Terre puisse
en témoigner et aussi pour donner
des mérites aux défunts).
Par la suite, le Bouddha changea d'attitude,
passant de l'attitude de méditation
à la position victorieuse de Mâra
en plaçant sa main droite sur son
genou droit. Il appela alors la Déesse
de la Terre. Celle-ci fit sortir de ses
cheveux l'eau accumulée par les actes
méritoires que le Bouddha avait accomplis
dans sés vies antérieures
et toute l'armée de Mâra en
fut submergée.
Dès lors, le Bouddha continua sa
méditation jusqu'à l'Illumination
Suprême.
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GLOSSAIRE
: |
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| Angkor Vat (Temple d') :
Monument le plus célèbre
du Cambodge, bâti par le roi Suryavarman
II, dans la première moitié
du XIIème siècle de l'ère
chrétienne et dédié
à Vishnu. |
| Ayuthya :
Capitale du Siam ou de la Thailande
de 1350 à 1767, gouvernée
par 33 (ou 34) rois. |
| Bangkok : ou Ratanakosin,
la capitale de la Thailande depuis
1782. |
| Bayon : Nom d'un
temple Khmer construit par le roi Jayavarman
VII au centre de la ville d'Angkor Thom.
Ce terme désigne aussi une école
d'art Khmer qui va de la fin du XIIème
siècle jusqu'au début
du XIIIème siècle. |
Bodhisattva : Saints
dans le bouddhisme
Mahâyâna, le sauveur pour
les Mahâyânistes. Dans le
bouddhisme Theravâda, ce nom signifie
le futur Bouddha, souvent dans ses incarnations
antérieures. |
| Bouddha :
Celui qui est en Illumination. Dans
le bouddhisme Mâhâyâna,
il y a beaucoup de catégories
de bouddhas. Mais dans le bouddhisme
Theravâda, il n'existe qu'un Bouddha
historique, Srisakyamuni ou Gautama. |
Cosmologie bouddhique :
Les trois mondes du bouddhisme : Kâmabhûmi
(monde du désir), Rûpabhûmi
(monde de la forme) et Arûpabhûmi
(monde de l'absence de forme).
Dans l'art, souvent, les deux premiers
stades sont représentés
par l'enfer, la terre et le paradis. |
| Candi ou Chandi
: Ce nom précède
souvent le nom d'un monument en Indonésie.
Selon quelques spécialistes,
il a la même signification que
Chedi. Cependant, selon d'autres, il
est dérivé du mot Candi,
Déesse de la Mort, autre nom
d'Uma, épouse de Siva, un des
plus grands dieux hindous : ce monument
s'appelle ainsi car on croit qu'il a
contenu les cendres des morts. Cette
théorie reste encore discutable.
|
| Chakri : Nom de la
dynastie actuelle de la Thailande,
représentée par un emblème
fait d'un disque (Chakra) et d'une arme
à trois pointes. |
| Chedi : Du Sanskrit
"Caitya" ou Pali "Cetiya".
Ce nom signifie objet de vénération.
En Thailande, il est utilisé
pour désigner un monument solide
bâti pour abriter les reliques
du Bouddha ou celles de ses disciples
et il contient aussi les cendres des
morts. Il a la même signification
que "stupa". |
| Chieng Mai : Nom
de la plus grande ville du Nord de la
Thailande. Elle a été
créée par le roi Mangrai
en 1297 et fut la capitale de la Thailande
du Nord (le royaume de Lanna Thai) jusqu'au
milieu du XVIème siècle
quand elle fut prise par les Birmans.
Dès lors, elle fut tantôt
indépendante, tantôt colonie
d' Ayuthya ou de la Birmanie, jusqu'à
ce qu'elle soit incorporée définitivement
à la Thailande vers la fin
du XVIIIème siècle. |
Garuda : Roi
des oiseaux et monture de Vishnu, un
des plus grands dieux hindous. Le motif
du garuda
portant le nâga (roi des serpents)
a la réputation de chasser les
mauvais esprits. |
| Hindouisme : Religion
indienne qui s'est développée
du brahmanisme. Dans l'hindouisme, il
y a trois dieux majeurs : Brahma (le
créateur), Siva (le destructeur)
et Vishnu (le sauveur). Dans l'hindouisme
la destruction est aussi la création
car les hindous croient en la réincarnation. |
| Indra :
A l'origine, Dieu de la Guerre et du
Tonnerre pendant la période védique.
Dans l'hindouisme et le bouddhisme,
il est le maître du paradis Tâvatimsa
(le paradis de 33 dieux) au sommet de
la montagne Sumeru. Son arme est un
éclair de tonnerre (vajiravudh)
et sa monture l'éléphant
à trois têtes, Airavata
ou Erawan. Son teint est vert. |
| Jâtaka : Les
vies antérieures du Bouddha (550
au total) mais les dix dernières
sont les plus importantes. |
| Khmer : Race ancienne
du Cambodge, ancêtre des cambodgiens
d' aujourd 'hui. Ils créèrent
l'ancien Empire Khmer. |
Le bouddhisme Mahâyâna
: "Grand Véhicule"
ou "Moyen Supérieur de Progression".
Une forme de bouddhisme qui incorpore
beaucoup d'aspects du brahmanisme (hindouisme
ancien). Dans le bouddhisme Mahâyâna
existent beaucoup de bouddhas et bodhisattvas.
Il commenca peut-être au Nord
de l'Inde, à peu près
au Ier siècle de l'ère
chrétienne. Dans le bouddhisme
Mahâyâna tardif, on trouve
le Bouddha Adi qui est le créateur
du monde et les cinq Bouddhas Dhyani,
l'un au çentre, les autres aux
quatre points cardinaux. Il y a aussi
de nombreux bodhisattvas (voir "Bodhisattva"). |
Maitreya : Bodhisattva
qui va renaître
comme le futur Bouddha selon les bouddhismes
Theravâda et Mahâyâna. |
| Mandapa ou Mondop
(en thaï) : Structure
carrée surmontée d'un
toit pointu et pyramidal. |
| Nâga :
Roi des serpents, ennemi de Garuda (roi
des oiseaux). |
| Prang :
Structure thaï imitée d'une
tour khmère. |
Râmakien
: Version thaï de l'épopée
hindoue : le Râmâyana. Il
y a beaucoup de versions thaïes
du
Râmakien mais celle qui a été
décrite le long des galeries
du temple du Bouddha d'Emeraude s'inspire
de la version de Râma I. L'histoire
se déroule comme celle d'Hélène
de Troie.
L'héroïne de l'histoire,
Sitâ, a été enlevée
par un grand démon, Râvana.
Son mari, Râma, va la rechercher
aide par une armée de singes.
Maintes guerres eurent lieu avant que
Râma ne retrouve sa femme et que
les démons ne se soumettent.
L'histoire commence au côté
Nord des galeries, à l'Est de
la porte qui fait face au Vihân
Yad et continue en direction de l'Est.
|
| Stupa :
Monument solide, à l'origine,
bâti pour abriter les reliques
du Bouddha ou de ses disciples ou pour
marquer un site important dans le bouddhisme.
Sa forme vient du tumulus original,
Surmonté d'un siège et
d'une ombrelle; il signifie la même
chose que le mot "Chedi" en
thaï. |
| Sukhothai
: Ancienne capitale de la
Thailande (du milieu du XIIIème
siècle au XVème siècle).
Elle connut 9 rois successifs. Le
troisième, le grand roi Ram
Khamhaeng (1279 - 1299) est le plus
célèbre. |
| Le bouddhisme
Theravâda : "Doctrine
des Anciens", héritière
du Pali traditionnel des débuts
du bouddhisme. Le Canon Pali est considéré
comme doctrine authentique par la doctrine
Theravâda. Il est parfois appelé
Hinayâna ou Petit Véhicule,
terme assez péjoratif utilisé
par les mahâyânistes (voir
le bouddhisme Mahâyâna). |
| Thonburi :
Ville située en face de Bangkok,
de l'autre côté de la rivière
Chao Phraya. Elle fut la capitale de
la Thailande de 1767 à 1782
et ne connut qu'un roi. |
| Ubosoth :
Edifice à l'intérieur
d'un monastère bouddhique, entouré
par huit stèles formant l'enceinte
sacrée du sanctuaire et dans
lequel se déroule la cérémonie
d'ordination des bonzes ainsi que d'autres
rites. |
| Vihâra ou
Vihân (en thaï) :
Sanctuaire du monastère bouddhique
qui abrite une ou plusieurs statues
de Bouddha et où ont lieu les
cérémonies du mérite.
Ce terme est utilisé, à
l'origine, pour désigner la résidence
des bonzes. |
Vishnu : Un des plus
importants dieux de l'hindouisme, muni
de quatre bras. Les attributs sont un
disque, une conque, un lotus (représentant
la terre) et une massue. La monture
est le Garuda. Râma, héros
de l'histoire du Râmakien, est
sa septième incarnation sur la
terre où il est venu pour détruire
les démons.
On ne devrait pas être surpris
de trouver cette légende hindoue
décrite dans les fresques des
galeries du temple du Bouddha d'Emeraude
car le bouddhisme et l'hindouisme s'entremêlent
en Asie du Sud-Est depuis leur apparition
dans cette région. Le roi de
Thailande, bien que bouddhiste,
est aussi considéré comme
une incarnation de Vishnu. |
|
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Cette scène
a parfois été décrite
comme une allégorie ou personnification
de la pensée de Bouddha. Pendant
cette période le Bouddha dut affronter
un conflit intérieur : devait-il
retourner aux plaisirs terrestres ou continuer
à méditer jusqu'à l'Illumination
Suprême ?
Il choisit de continuer sa méditation
et, plaça sa main droite sur son
genou droit pour marquer sa determination
à ne pas bouger jusqu'à l'accomplissement
de son grand projet.
7. Douze lions en bronze gardant les portes.
Il semble que seule la paire qui garde la
porte centrale de l'ubosoth à
l'Est (réservée au Chef de
l'Etat) ait été transportée
du Cambodge par ordre du roi Râma
I, les autres étant des copies réalisées
pendant son règne. Cependant, le
Professeur Boisselier, expert français
renommé sur l'art Khmer, a examiné
la paire centrale de lions gardiens et a
estimé que le dessin de la poitrine
serait plutôt de style thaï que
khmer. Ils ont donc probablement été
réalisés par les artisans
thaïs qui ont copié les modèles
khmers.
Des deux côtés de l'escalier
principal, le Panthéon Royal , à
l'Est, se trouvent deux lions-gardiens en
pierre. Même s'ils ont été
considérablement restaurés,
on peut voir qu'ils appartiennent au style
Khmer du Bayon (au début du XIIIème
siècle). On peut donc affirmer que
cette paire de lions en pierre a été
transportée du Cambodge pendant le
règne du roi Râma I et que
les lions en bronze sont des reproductions
réalisées pendant ce règne.
Autour de l'ubosoth où se
trouve le Bouddha d Emeraude, le roi Râma
fit bâtir douze petits pavillons.
Au Nord de l'ubosoth, site actuel
de la bibliothèque ou Phra Mondop,
une bibliothèque construite dans
le style tardif d' Ayuthya et du début
de Bangkok, installée au milieu d'un
étâng afin d'empêcher
les termites d'abîmer les manuscrits
bouddhiques.
Ce bâtiment servit, pendant ce règne,
à la traduction des correspondances
étrangères.
A l'Est de l'étang, au Panthéon
Royal actuel, deux stupas dorés
furent élevés à la
mémoire des parents du roi. Un beffroi
fut, en outre, placé au Sud de l'ubosoth
pour y installer une cloche de bronze d'une
exceptionnelle musicalité. Elle fut
transportée du Wat Saket à
Bangkok.
En 1788, le roi Râma I fit réviser
le "Tripitaka" (manuscrit bouddhique)
au Wat Mahathat et une fois ce travail terminé,
le manuscrit fut transféré
à la nouvelle bibliothèque
à l'intérieur du temple du
Bouddha d'Emeraude où le roi organisa
une grande célébration.
Malheureusement, un feu d'artifice atteignit
le toit de la bibliothèque, mettant
le feu à tout le bâtiment mais
épargnant par miracle le "Tripitaka".
A un deuxième stade de la construction,
le roi Râma I fit combler l'étang
autour de la bibliothèque et élargir
les limites du temple aussi bien du côté
Est que du côté Nord, comme
on le voit à présent. Il fit
également édifier des bâtiments
supplémentaires.
Au sommet de la colline qui recouvre l'étang,
le roi fit bâtir une nouvelle bibliothèque
contenant un grand cabinet incrusté
de nacre où l'on conserve le "Tripitaka".
Ce superbe cabinet fut réalisé
sous la direction de Chao Praya Mahasena,
le fondateur de la famille Bunnag. S.A.R.
le Prince Naris admira beaucoup cette nouvelle
bibliothèque pour son style et sa
décoration et, en particulier, le
serpent de bronze à visage plus humain
que reptilien qu'on trouve sur chaque rampe
d'escalier, les démons-gardiens de
porte et les panneaux des portes incrustés
de nacre.
Dans la zone Nord, agrandie, le plus jeune
frère du roi fit construire pour
son frère une bibliothèque
supplémentaire, Ho Phra Monthien
Tham pour y ranger les documents anciens
et les restes du "Tripitaka".
Elle servit aussi de bureau pour la traduction
des correspondances étrangères.
A l' intérieur, on trouve de nombreux
cabinets de livres incrustés de nacre.
Le portail du bâtiment, lui-même
incrusté de nacre, date de 1752 la
dernière période d' Ayuthya,
sous le règne du roi Boromkot (1732-1758).
Les peintures murales intérieures,
qui remontent au début de la période
de Bangkok, ont été récemment
restaurées.
A l'ouest, près de la bibliothèque
supplémentaire, Ho Phra Monthien
Tham, qui voisine le Vihân Yod actuel,
furent construits le Vihân Blanc pour
abriter les statues de Bouddha et le Vihân
Phra Thep Bidorn.
La statue du Phra Thep Bidorn est probablement
d'origine hindoue. On considère qu'elle
représente le roi U Thong, fondateur
d'Ayuthya.
Le roi Râma I fit transporter cette
statue à Bangkok et la fit modifier
sous la forme du Bouddha revêtu d'un
costume royal en argent.
A côté du Vihân Phra
Thep Bidorn, à l'Est, un autre vihân
fut construit pour abriter un grand Bouddha
debout en alliage de cuivre. Il mesure 4m
de haut et porte le nom de Phra Nak. Cette
statue a été transportée
d' Ayuthya et le bâtiment qui l'abrite
se nomme Ho Phra Nak.
Devant le temple du Bouddha d'Emeraude,
à l'Est, le roi fit construire huit
prangs dédiés respectivement
du Nord au Sud aux éléments
de base du Bouddhisme : le Bouddha, le Dhamma,
le Sangha (bonzes), la Bhikshuni (ordre
de nonnes bouddhistes aujourd'hui disparu),
le Bouddha Pacchekabodhi qui a atteint l'Illumination
sans présenter de sermon, le Chakravarti
(grands empereurs), le Bodhisattva (Bouddha
dans ses vies antérieures selon le
Bouddhisme Theravâda) et le Maitreya
(futur Bouddha).
Sous le règne du roi Râma II,
rien ne fut ajouté mais sous le règne
de son fils, le roi Râma III, le temple
fut entièrement restauré car
beaucoup de bâtiments étaient
détériorés et avaient
besoin d'être remis en état
pour la célébration du cinquantième
anniversaire de Bangkok en 1832.
Ce travail débuta en 1831, un an
avant les fêtes.
Le roi Râma III fit donc restaurer
la superstructure de l'ubosoth
et modifier la décoration de ses
murs extérieurs, en faisant remplacer
la peinture dorée sur fond de laque
rouge par un stuc doré orné
de verre coloré qu'on peut voir encore
aujourd'hui.
Il fit aussi mouler en bronze 112 figures
du garuda (roi des oiseaux) portant
le nâga (roi des serpents)
pour en orner la base. Les fresques intérieures,
ont été repeintes, à
part les scènes de la cosmologie
bouddhique et de l'Illumination du Bouddha,
respectivement sur les murs Ouest et Est.
Le piédestal du Bouddha d'Emeraude
a été surélevé,
comme on a vu, à l'aide d'un socle
intermédiaire. Le roi fit également
modifier la superstructure des galeries
autour du temple et repeindre la totalité
du Râmakien (version thaï de
l'épopée hindoue, Râmâyana).
Le Vihân Blanc du roi Râma I
fut démoli et remplacé par
le Vihân Yod dont la superstructure
affecte la forme d'une couronne thaï ornée de tuiles vernies et multicolores.
La porte de ce bâtiment, inscustée
de nacre, date de 1753, sous le règne
du roi Boromkot, dernière période
d'Ayuthya.
S.A.R. le Prince Damrong Rajanubhab, fondateur
de l'histoire et de l'archéologie
thaïes, présume qu'à
l'origine, la zone au Nord du temple du
Bouddha d'Emeraude contenait quatre bâtiments
respectivement d'Est en Ouest : le Ho Phra
Monthien Tham, le Vihân Blanc, le
Ho Phra Thep Bidorn et le Ho Phra Nak. Mais
sous le règne du roi Râma III,
comme on avait besoin d'un espace suffisamment
important pour conserver les cendres des
membres défunts de la dynastie Chakri,
le roi fit démolir le Ho Phra Thep
Bidorn et le Ho Phra Nak et élever
à leur place un grand bâtiment.
Les statues du Phra Thep Bidorn (Bouddha
en argent revêtu d'un costume royal)
et du Phra Nak (grand Bouddha debout en
alliage de cuivre) ont été
transférées au Vihân
Yod et y sont encore aujourd' hui. Même
si ce nouveau bâtiment ne contient
que les cendres des membres défunts
de la dynastie actuelle, on continue, cependant,
à l'appeler le Ho Phra Nak.
En dehors des bâtiments mentionnés
ci-dessus, le roi Râma III fit restaurer
la bibliothèque (Phra Mondop) et
le Ho Phra Monthien Tham, les petits pavillons
autour de l'ubosoth, le beffroi,
deux stupas en or et huit prangs,
etc. Il fit embellir les jardins en faisant
élever des petits monticules de pierre,
installer des bancs de pierre, des pots
de fleurs et fit le long des passages et
devant l'entrée, des sculptures chinoises
en pierre. Le roi fit aussi mouler en bronze
un ermite assis, un médecin célèbre,
et fit installer cette sculpture derrière
l'ubosoth devant la porte Ouest.
Une meule fut placée devant cette
statue afin que les gens qui venaient la
vénérer puissent broyer leur
médicament et en accroître
l'efficacité.
Sous le règne du roi Râma IV
(roi Mongkut 1851-1868), il y eut beaucoup
de modifications. La grande terrasse où
on avait édifié la bibliothèque
(Phra Mondop) fut élargie aussi bien
du côté Ouest que du côté
Est et bordée d'une double balustrade.
On ajouta six portails, six escaliers et
des galeries à l'Est et à
l'Ouest. Le portail oriental, dont le sommet
est en forme de couronne thaï , fut
flanqué de deux pavillons. A l'Ouest,
on fit élever un portail avec la
toiture à quatre faces et un pavillon
au Nord.
Devant la bibliothèque, à
l'Est, le roi fit édifier un pavillon
sunnonté d'un prang qui
est maintenant appelé Panthéon
Royal. La construction commença en
1856.
Au début, le roi voulait y transférer
le Bouddha d'Emeraude car il pensait qu'il
était impropre pour un Bouddha d'être
situé en dessous du Tripitaka, mais,
une fois le bâtiment achevé,
celui-ci s'avéra trop petit pour
y organiser des cérémonies.
On le laissa alors inutilisé. Les
deux stupas construits par le roi
Râma I furent remplacés par
deux stupas en or placés sur la terrasse
devant l'aile orientale du Panthéon
Royal.
A l'Ouest de la bibliothèque (Phra
Mondop,), on éleva, en 1855, un stupa
copié sur le grand stupa
du Wat Phra Si Sanpet à Ayuthya.
Dans cet édifice, appelé Phra
Si Ratana Chedi, les reliques de Bouddha
ont été conservées.
La mosaïque dorée qui le décore
actuellement fut réalisée
sous le règne du fils du roi Mongkut,
le roi Râma V (roi Chulalongkorn,
1868-1910) .
La superstructure en bois de la bibliothèque
fut restaurée et les pièces
d'argent qui en paraient le plancher furent
remplacées par des nattes également
en argent.
Au Nord de la bibliothèque, le roi
Mongkut fit placer une maquette du temple
d' Angkor Vat car, pendant cette période,
le Cambodge était sous la domination
de la Thailande. Cette maquette fut
achevée sous le règne du roi
Râma V pour la célébration
du centenaire de Bangkok.
A l'angle Sud-Est de l'ubosoth,
un vihûn, surmonté
d'un prang, fut élevé
pour abriter un ancien Chedi transporté
du Nord de la Thailande.
Devant ce vihân, on édifia
un bâtiment pour le Bouddha en bronze,
Bouddha Gandhara. Cette statue fut réalisée
sous le premier règne de Bangkok
pour une cérémonie propitiatoire
au début de la saison des semis.
Le Bouddha porte une auréole en forme
de gemme ou bouton de lotus. Il est vêtu
d'une robe monastique à la chinoise
et sa main droite appelle la pluie tandis
que sa main gauche la reçoit. Ces
deux bâtiments furent, par la suite,
recouverts de tuiles vernies sous le règne
du roi Râma V.
Le roi Râma IV fit également
préparer un site devant le Vihân
abritant le Bouddha Gandhara pour placer
le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng
(1279-1299) qui fut transporté de
Sukhothai sur l'ordre du roi Râma
IV pendant sa période de retraite.
Cet objet a été depuis transféré
dans un autre site.
Au Sud de l'ubosoth, on éleva
un nouveau beffroi, probablement sur le
site de l'ancien.
Derrière l'ubosoth, à
l'Ouest, le roi Râma IV fit construire
un pavillon surmonté d'un prang décoré
de tuiles vernies afin d'abriter un ancien
prang en bronze appelé Phra Pothithat
Piman, il fit ensuite flanquer ce pavillon
de deux petits édifices. Celui du
Nord, appelé Ho Rachakaramanusorn,
abrite trente-quatre petits bouddhas en
bronze dans des attitudes variées
dédiés aux trente-trois rois
d'Ayuthya et au seul roi de Thonburi.
Ces bouddhas, sculptés sur l'ordre
du roi Râma III, furent moulés
dans du cuivre trouvé à Chantuk,
dans la province de Nakhon Ratchasima (Khorat)
au Nord-Est de la Thailande.
Le roi demanda à son oncle, S.A.R.
le Prince Paramanuchit, qui était
encore bonze, d'inventer quarante attitudes
de Bouddha, inspirées de sa vie.
Mais on n'en réalisa que trente-quatre.
Les fresques intérieures décrivant
l'histoire d'Ayuthya furent achevées
par Khrua ln Khong, peintre éminent
qui utilisa le premier les lois de la perspective
appliquées par les peintres occidentaux.
A l'interieur du bâtiment Sud, appelé
Ho Rachapongsanusorn dédié
aux rois de la dynastie Chakri, on trouve
aujourd'hui huit petits bouddhas dans des
altitudes différentes, chacun d'eux
étant surmonté d'une ombrelle
à cinq étages. Les fresques
intérieures représentent la
vie du roi Râma I ou l'histoire de
Bangkok et elles sont probablement l'oeuvre
d'un artiste dont le style est éloigné
de celui de Khrua ln Khong.
Le roi Râma IV fit, en outre, restaurer
le toit de l'ubosoth et les fresques
des murs latéraux. Le plancher de
l'ubosoth fut renouvelé
et les fenêtres remplacées
par des fenêtres en nacre. Les gardiens
de porte chinois et les anges-gardiens des
fenêtres qui, à l'origine,
étaient peints, furent remplacés
par des stucs dorés et ornés
de verre coloré. Les tuiles vernies
entourant la base de l'ubosoth
furent également remplacées.
Le roi commença aussi la restauration
des galeries et des peintures du Râmakien.
Ce travail fut achevé sous le règne
de son successeur.
C'est en 1882, sous le règne du roi
Râma V, que devaient avoir lieu les
cérémonies du centenaire de
Bangkok. Dès 1880, le roi demanda
à tous ses jeunes frères,
à quelques princes et à plusieurs
fonctionnaires de l'aider à restaurer
le temple du Bouddha d'Emeraude.
Pendant cette période de restauration,
on fit également sculpter les figures
en bronze doré d'animaux mythiques
qui se trouvent, à présent,
sur la terrasse entourant le Panthéon
Royal, tandis que le Phra Si Ratana Chediétait
entièrement recouvert de mosaïque
dorée.
De nombreux plateaux en stuc, coiffés
de couvercles coniques, inspirés
des services à bétel, furent
réalisés pour décorer
la balustrade inférieure en pierre
qui entoure la terrasse au centre du temple.
Des plaques de marbre gravées de
poèmes racontant l'histoire du Râmakien
furent incrustées sur les colonnes
des galeries face aux fresques décrivant
la même histoire, alors que des poèmes
concernant les avatars de Vishnu et les
origines des démons et des familles
de singes furent placés auprès
des fresques correspondantes. Les poèmes
ont été composés par
le roi, quelques princes, des fonctionnaires
et des bonzes bouddhistes. Des démons
et des singes furent ajoutés pour
soutenir deux stupas en or devant
le Panthéon Royal.
Beaucoup d'objets en pierre furent également
commandés pour décorer le
temple. Deux grandes paires de démons-gardiens
furent probablement réalisées
pendant cette période, à l'imitation
des huit autres qui avaient été
sculptés sous le troisième
règne.
Le roi fit aussi édifier des monuments
pour ses ancêtres et lui-même,
sur la terrasse du Panthéon Royal.
L'un à l'angle Nord-Ouest dédié
aux rois Râma I, Râma II et
Râma III, désignés par
leurs emblèmes respectifs : le sommet
d'une couronne, un garuda portant
deux nâgas et un pavillon.
Ces emblèmes, en bronze doré,
furent placés à l'intérieur
de l'autel et posés sur une colonne
en marbre. Les modèles en bronze
des éléphants blancs et d'autres
éléphants importants de chaque
règne entourent la base du monument.
A l'angle Sud-Ouest, un deuxième
monument dédié au roi Râma
IV reproduit son emblème : une couronne
dans un autel.
Le troisième monument, édifié
pour lui, porte son propre emblème
: une petite couronne (Chulalongkorn) placée
sur un coussin, tous deux en bronze doré,
à l'intérieur de l'autel et
fut édifié à l'angle
Sud-Ouest du Panthéon Royal.
Les deuxième et troisième
monuments furent également entourés
à leur base des modèles en
bronze des éléphants blancs
et d'autres éléphants importants
de chaque règne.
Le roi Râma V disposa des objets venus
de divers pays à l'intérieur
du temple du Bouddha d'Emeraude : tels les
cinq Bouddhas Dhyani en pierre volcanique
datant du VIIème siècle de
l'ère chrétienne, venus de
Borobudur sur l'île de Java.
Il les fit placer sur la terrasse au Sud
de la bibliothèque (Phra Mondop),
mais le roi Râma VI (roi Vajiravudh,
1910-1925) en fit transférer quatre
dans les niches d'un nouveau Chedi
qu'il fit constuire au Wat Rachathiwat à
Bangkok.
Le cinquième fut transporté
au Wat Bovornniwet, situé également
à Bangkok. Quant aux quatre Bouddhas
Dhyani, en pierre, que le roi Râma
V avait reçu de Chandi Plaosan (IX-Xème
siècles), à Java, ils furent
placés aux quatre coins du Phra Mondop.
Mais, pour la célébration
du Bicentenaire de Bangkok en 1982, S.A.R.
la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, deuxième
fille du roi actuel (S.M. roi Bhumibol,
Rama IX), Présidente du Comité
de Restauration du temple du Bouddha d'Emeraude,
les fit transférer afin de les protéger
et de les préserver au musée
du temple du Bouddha d'Emeraude qu'elle
a créé dans son ancien bâtiment
du Département des Pages, à
l'angle Nord du "Dusit Maha Prasat",
dans le Grand Palais.
Elle fit ensuite placer une reproduction
sur leur ancien emplacement. Elle fit de
même transférer au nouveau
musée, quatre paires de statues en
pierre représentant les pièces
de théâtre composées
par le roi Râma II : le Râmakien,
Kraitong, Sangtong ou le Prince à
la conque dorée, et Manora. Ces statues
furent probablement sculptées sous
le règne du roi Râma III et
placées à cette époque
aux quatre coins de l'ubosoth.
Certains objets venant de l'étranger,
comme une chaire, des pots à fleurs
et des figures décoratives en marbre
italien, datant de la fin du règne
du roi Râma V, sont encore conservés
dans l'ubosoth. Le roi Râma
V en fit probablement don, après
l'un de ses deux voyages en Europe, au Bouddha
d'Emeraude.
La restauration complète du temple
du Bouddha d'Emeraude, décidée
par le roi Râma V en 1882, peut être
considérée comme la seconde
restauration et la plus importante depuis
sa construction.
Un soir de l'année 1903, un grand
feu se déclara sur le toit du Panthéon
Royal provoqué par la vétusté
de l'installation électrique. Il
fallut reconstruire la toiture. Le roi fit
ensuite réparer le toit en bois de
la bibliothèque (Phra Mondop).
Cette restauration fut accomplie sous le
règne du roi Râma VI.
Le Panthéon Royal, sous le règne
du roi Râma VI, vacant depuis l'époque
de son fondateur (le roi Râma IV)
devint le Panthéon Royal de la dynastie
Chakri.
En 1918, cinq statues des anciens rois furent
transférées du pavillon Sivalai
(qui se trouve dans le Grand Palais, au
Sud de ce temple) au Panthéon Royal.
A cette époque, deux stupas
en or furent aussi transportés à
leur emplacement actuel, à l'Est
de la terrasse. Quatre grands escaliers
de marbre furent également construits
vers le haut de la terrasse, à l'Est,
au Nord et au Sud et aussi vers Phra Si
Ratana Chedi , de côté Sud.
Les marches des six escaliers de marbre
de l'ubosoth furent diminuées
de hauteur afin d'en faciliter la montée.
Le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng,
qui avait été à l'origine
placé devant le vihân du Bouddha
Gandhara, fut transporté au pavillon
Dusit dans le Grand Palais et surmonté
d'une ombrelle blanche à neuf étages,
un des insignes royaux.
En 1932, sous le règne du roi Râma
VII (roi Prajadhipok, 1925-1934), Bangkok
célébra sont 150ème
anniversaire et le temple du Bouddha d'Emeraude
fut de nouveau totalement restauré,
en particulier les fresques du Râmakien
le long des galeries qui étaient
endommagées par la pluie et l'humidité.
Elles furent complètement repeintes.
Le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng,
installé dans le pavillon Dusit,
fut transféré sur ordre du
roi au Hall Ananta Samakhom. Mais après
le Coup d'Etat de juin 1932 qui transforma
la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle,
le roi fit transporter ce trône au
Vihân Yod dans le temple du Bouddha
d'Emeraude, privé de l'ombrelle blanche
à neuf étages.
En 1982, sous le règne du roi Bhumibol
ou Râma IX, Bangkok célébra
son bicentenaire. S.A.R. la Princesse Maha
Chakri Sirindhorn, Présidente du
Comité de Restauration du temple
du Bouddha d'Emeraude, reçut une
aide financière importante du public
qui compléta le budget versé
par le gouvernement. Chaque bâtiment
à l'intérieur du temple put
ainsi être restauré avec minutie
ainsi que le trône doré du
Bouddha d'Emeraude, les statues de Bouddha
de l'ubosoth et les peintures du
Râmakien le long des galeries.
Le trône en pierre datant de la période
Sukhothai fut transféré du
Vihân Yod au nouveau musée
afin que le public puisse lui rendre hommage,
en signe de sa reconnaissance pour le roi
Ram Khamhaeng.
Ce trône est maintenant surmonté
d'une ombrelle blanche à neuf étages.
Dans ce musée, sont également
exposés les costumes saisonniers
du Bouddha d'Emeraude, les offrandes variées
faites à cette statue et quelques
fragments architecturaux remplacés
depuis. La Princesse a fait bâtir
aussi un monument à l'angle Nord-Ouest
du Panthéon Royal en mémoire
du bicentenaire de Bangkok.
Il consiste en quatre emblèmes des
rois : Râma VI, VII, VIII et IX :
l'arme d'Indra qui crée les éclairs
(Vajiravudh), l'emblème des trois
pointes de flèche sous une couronne,
une divinité mâle et le chiffre
9 gravé sur un disque surmonté
d'une ombrelle à neuf étages.
Ces quatre emblèmes en bronze doré
sont posés sur un autel placé
sur une colonne de marbre dont la base est
entourée de modèles en bronze
des éléphants blancs et des
éléphants importants des règnes
respectifs. Le monument ressemble à
trois autres dédiés aux ancêtres
des familles royales édifiés
pendant la célébration du
centenaire de Bangkok.
Ainsi, on constate que le temple du Bouddha
d'Emeraude, le temple le plus sacré
de la Thailande, a subi environ tous
les cinquante ans des restaurations importantes.
Construit sous le règne du roi Râma
I, il fut ensuite restauré respectivement
sous les règnes des rois Râma
III, V, VII et IX. |
| Voir également :Histoire
du Temple du Bouddha d'Emeraude
Galerie
des photographies du Grand Palais et du
Wat Phra Kaeo |
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